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Budget 2027 : l'OAT au plus haut depuis 2002, et vos crédits

Une journée agitée sur le marché de la dette française

Le 1er octobre 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté en Conseil des ministres le projet de budget 2027, qui vise à ramener le déficit public autour de 5 % du produit intérieur brut grâce à un effort budgétaire de 54 milliards d’euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles, selon les éléments relayés par Le Club des Juristes et Touteleurope.eu.

Cette annonce a provoqué une forte tension sur les marchés obligataires dès la matinée. L’OAT 10 ans, l’Obligation Assimilable du Trésor à dix ans qui mesure le taux auquel l’État français emprunte sur cette durée, a grimpé jusqu’à environ 4,96 % en séance, son plus haut niveau depuis 2002, avant de refluer en fin de journée pour revenir autour de 4,8 à 4,9 %, une fois les investisseurs rassurés par le contenu du texte budgétaire, selon une dépêche Reuters relayée par Boursorama. Sur les trois derniers mois, entre juillet et début octobre, le rendement de l’OAT a progressé d’environ 1,13 point de pourcentage, la hausse la plus marquée depuis 1987.

Pourquoi ce taux pèse sur votre crédit immobilier

L’OAT 10 ans n’est pas un simple indicateur financier abstrait : c’est la référence que les banques utilisent pour fixer le coût de leurs propres crédits immobiliers, eux aussi accordés sur de longues durées. Quand l’État emprunte plus cher, les établissements bancaires répercutent une partie de ce surcoût sur leurs barèmes, avec un décalage de quelques semaines.

Le cabinet évoquait déjà ce mouvement début septembre, lorsque l’OAT avait franchi les 4 % pour la première fois depuis 2008. Depuis, la tension s’est encore accentuée. Les courtiers en crédit immobilier annoncent pour octobre 2026 des taux moyens d’environ 3,50 % sur 15 ans, 3,66 % sur 20 ans et 3,75 % sur 25 ans avant négociation, contre environ 3,44 % sur 20 ans en septembre, soit une hausse des barèmes bancaires de l’ordre de 0,10 à 0,15 point sur un mois.

Cet écart entre un bond de plus d’un point de l’OAT et une hausse de quelques centièmes des taux de crédit s’explique simplement : les banques n’ajustent pas leurs barèmes au jour le jour et continuent, pour l’instant, à absorber une partie du renchérissement plutôt qu’à le répercuter intégralement, pour rester compétitives sur un marché du crédit encore convalescent.

Les plafonds d’usure, un garde-fou qui reste à surveiller

Cette remontée s’inscrit dans un contexte où le taux d’usure, le taux annuel effectif global maximal qu’une banque a le droit de pratiquer, a lui aussi été relevé au 1er octobre par la Banque de France : il atteint désormais 5,40 % pour les prêts immobiliers à taux fixe de 20 ans et plus, contre 5,29 % au trimestre précédent, comme le cabinet le détaillait récemment. Ce plafond, recalculé chaque trimestre à partir des taux moyens observés trois mois plus tôt, reste pour l’instant assez éloigné des barèmes bancaires actuels. Mais si la tension sur l’OAT se prolongeait, elle pourrait finir par peser davantage, avec un décalage entre l’évolution réelle du marché et la révision trimestrielle du plafond.

Ce que cela signifie pour votre projet

Ce pic du 1er octobre illustre surtout la sensibilité du crédit immobilier à la situation budgétaire de l’État, bien au-delà des seules décisions des banques. Pour un emprunteur, cela ne change rien dans l’urgence immédiate : les barèmes d’octobre restent proches de ceux de septembre, et le reflux de l’OAT après la présentation du budget tend plutôt à rassurer sur l’ampleur du mouvement à court terme.

Cela confirme en revanche l’intérêt de sécuriser un taux dès qu’une offre de prêt est obtenue, la plupart des banques garantissant leur proposition pendant une période donnée, et de comparer plusieurs établissements avant de signer : les écarts entre banques restent souvent plus importants que les variations d’un mois à l’autre.

Si vous avez un projet de crédit immobilier ou de rachat de crédit en cours, le cabinet peut faire le point avec vous sur les offres actuellement disponibles et sur la meilleure façon de sécuriser votre financement dans ce contexte.

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