Crédit immobilier : pourquoi les taux remontent cette rentrée
Un indicateur à surveiller : l’OAT 10 ans
Depuis la mi-août 2026, les taux de crédit immobilier reprennent doucement le chemin de la hausse après plusieurs mois de stabilité. L’origine de ce mouvement se lit sur les marchés obligataires, du côté de l’OAT 10 ans, l’Obligation Assimilable du Trésor à dix ans, c’est-à-dire le taux auquel l’État français emprunte sur les marchés financiers pour une durée de dix ans. Les banques s’en servent comme référence pour fixer le coût de leurs propres crédits immobiliers, eux aussi accordés sur de longues durées.
Or ce taux a franchi la barre des 4 % en cours d’été, un niveau plus vu depuis octobre 2008, selon le site d’information financière ABC Bourse. Il s’est encore tendu début septembre, atteignant environ 4,24 % le 2 septembre, contre moins de 3,6 % fin juin, d’après l’analyse de Meilleurtaux consacrée à l’évolution de l’OAT 10 ans. Le courtier Pretto évoque un contexte international, notamment les tensions persistantes autour de l’Iran, qui entretiennent une incertitude sur l’approvisionnement énergétique et les prix du pétrole, comme facteur pesant sur la confiance des investisseurs et donc sur le coût de la dette des États.
Ce que cela donne sur les barèmes des banques
Quand l’État emprunte plus cher, les banques répercutent une partie de ce surcoût sur leurs offres de prêt, avec un décalage de quelques semaines. Les baromètres publiés début septembre par les courtiers restent toutefois proches les uns des autres et n’affichent pas encore de choc brutal.
Pretto relève des taux moyens de 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans. Meilleurtaux situe sa moyenne sur 20 ans à 3,40 % au 1er septembre. Le courtier en ligne Qoridor annonce des moyennes légèrement inférieures, autour de 3,17 % sur 15 ans, 3,34 % sur 20 ans et 3,43 % sur 25 ans, hors assurance emprunteur. Ces écarts d’un courtier à l’autre reflètent surtout des profils d’emprunteurs et des méthodes de calcul différentes, plus qu’une divergence réelle du marché.
Meilleurtaux souligne un point notable : les hausses appliquées par les banques sur leurs barèmes ne représentent que 1 à 3 centièmes de point par rapport à août, alors que l’OAT a bondi de plusieurs dixièmes de point sur la même période. Les établissements prêtent actuellement environ 0,66 point sous le niveau de l’OAT 10 ans, ce qui signifie qu’ils absorbent une partie du renchérissement plutôt que de le répercuter intégralement, probablement pour rester compétitifs sur un marché du crédit encore convalescent.
Ce que cela signifie pour votre projet
Cette hausse reste, à ce stade, mesurée et progressive plutôt que brutale. Mais elle change la donne pour deux types de dossiers en particulier : les projets dont le plan de financement était calé sur les taux plus bas du printemps, et les dossiers de rachat de crédit, où l’écart entre l’ancien taux et le taux actuel détermine l’intérêt de l’opération.
Dans les deux cas, la comparaison entre plusieurs établissements garde tout son sens : l’écart observé entre les baromètres des courtiers, de l’ordre de 0,2 à 0,3 point selon les durées, peut représenter plusieurs milliers d’euros sur la durée totale d’un prêt. C’est également un moment où il devient utile de vérifier si un dossier déjà en cours de montage peut encore bénéficier d’un taux antérieur, certaines banques garantissant leur offre pendant une période donnée après l’accord de principe.
Si vous avez un projet immobilier en cours ou une opération de rachat de crédit à étudier, le cabinet peut comparer les offres actuellement disponibles et évaluer l’impact concret de cette évolution sur votre dossier.
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